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Un fantôme budgétivore en RDC

Un fantôme budgétivore

Le Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA), chargé de veiller à la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, prouve une fois de plus son inutilité criante. Un fantôme budgétivore.

Un communiqué sans objet 

Dans un communiqué du jeudi 19 juin 2025, le CNSA s’est fendu d’un constat tardif et déconnecté : la RDC est « partiellement occupée » par l’AFC/M23, ce qui « favorise la persistance de la guerre« . Est-ce que les Congolais avaient besoin d’un organisme budgétivore et désuet pour révéler ce qu’ils vivent au quotidien depuis plus de trois ans ?

Mission terminée

La dénomination « Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral » scelle le destin de cet organe et expose sa caducité. Créé pour accompagner l’Accord de 2016 et le processus électoral de 2018, ses missions étaient claires et limitées dans le temps. Les élections ont eu lieu, un nouveau président est en place. Pourquoi, donc, le CNSA existe-t-il encore ? Vraiment, un fantôme budgétivore, faut-il le répéter.

Une structure dépassée et coûteuse

En tout cas, maintenir une telle entité,  c’est entretenir une structure dépassée et coûteuse. C’est un gouffre financier inutile pour un pays en crise. Le CNSA est un fantôme budgétivore, faut-il le répéter.

Actuellement, les ressources financières de la RDC devraient être allouées aux priorités d’intérêt national, parmi lesquelles la solde des militaires au front. Cela est d’autant plus vrai que le Chef de l’État, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, a décrété la réduction du train de vie des institutions.

Une insulte aux Congolais

Par ailleurs, le CNSA appelle à un « dialogue national inclusif » et préconise un rapprochement entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Cet appel est une insulte aux Congolais. Non seulement ce conseil n’a aucune légitimité pour initier une telle démarche, mais aussi ses « constats » sont d’une banalité affligeante.

Un facilitateur illicite

Pendant que des milliers de vies sont perdues et des territoires occupés à l’est de la RDC, le CNSA se permet de « charger son Président,

Un fantôme budgétivore Joseph OLENGHANKOY MUKUNDJI, d’engager toute démarche en vue de faciliter la réalisation du dialogue« . Cet organe se moque éperdument  des Congolais.

Cynisme 

En outre, le constat du CNSA sur l’indifférence certaine » des populations face à l’occupation est révoltant. Halte au cynisme ! M. le Président du CNSA, l’indifférence n’est pas celle des populations. Elle est plutôt d’une élite politique dont votre structure est l’exemple parfait. Pour preuve, cette élite préfère les réunions stériles aux actions concrètes.

Balkanisation silencieuse

La « balkanisation muette » que vous craignez est le fruit de cette inaction. Elle est le résultat de cette complaisance et de la persistance de structures inutiles qui détournent l’attention et les ressources.

Alors que la CENCO et l’ECC prennent des initiatives aux contours flous, le CNSA salue des « efforts diplomatiques » extérieurs. Il « renouvelle ses remerciements » à la communauté internationale. Où est l’action ? Où est l’engagement pour la souveraineté nationale ? Ce n’est pas en applaudissant les autres que l’on sauve une nation.

L’urgence d’une dissolution immédiate

Il est grand temps de mettre fin à cette mascarade. Le CNSA est une structure vidée de sa substance. Il ne sert plus à rien, si ce n’est à grever un budget national déjà exsangue. Ses missions sont accomplies. Son existence actuelle est une aberration. C’est un vestige d’un passé révolu.

Priorités du moment

Plutôt que de se perdre en constats tardifs et en appels creux, la RDC doit se concentrer sur l’essentiel. Il faut libérer son territoire, sécuriser ses populations et reconstruire un État fort.

Le point de départ 

Pour y arriver, la première étape consiste à dissoudre, sans délai,  les institutions qui n’apportent aucune solution. Elles symbolisent le statu quo et l’inertie. Le Congo doit cesser  de financer des fantômes administratifs. C’est le moment !

Par Rigober MUKENDI

Enseignant à l’Université des sciences de l’information et de la numérisation (UNISIC) à Kinshasa et analyste politique 

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